| Medium | Le Matin, Suisse Romande |
| Datum | 6. Juni 2009 |
| Thema | Das Grosse Spiel |
CLAUDE CUENILe Suisse qui avait prédit la criseOutre-Sarine, ses livres font un tabac. Premier à être traduit en français et bientôt adapté à l'écran, «Le grand jeu», écrit en 2006, relate la vie de John Law, inventeur du billet de banque, et fait écho à la crise Muriel Ramoni - le 06 juin 2009
Encore méconnu en Suisse romande, Claude Cueni est bien connu des Alémaniques. Son «Cäsars Druide», roman historique paru en 1998, vendu à plus de 100'000 exemplaires, est le premier volume d'une trilogie qui explore l'histoire de l'argent à différentes époques. Le deuxième volet («Das grosse Spiel», 2006) vient d'être traduit en français sous le titre «Le grand jeu», et sera prochainement adapté au cinéma (le dernier opus pas encore disponible en français, «Gehet hin und tötet», est paru en novembre). Ce «Grand jeu» relate la vie de John Law, inventeur du billet de banque à la fin du règne de Louis XIV et instigateur d'un système financier dont notre économie moderne garde les traces. Spéculations, prises de risques, folie des grandeurs, effondrement du système en place... un récit qui fait écho à la crise actuelle, que le romancier, qui a mené des recherches minutieuses sur l'histoire de l'économie, dit avoir anticipée. «Le Grand Jeu» raconte l'histoire de l'inventeur du billet de banque. Qu'est-ce qui vous a séduit chez ce personnage? C'est tour à tour un Casanova condamné à mort, un mathématicien génial, un joueur de cartes, qui invente de l'argent en papier et devient l'homme le plus riche du monde. Je pense que c'est un sujet tout à fait passionnant, une histoire incroyable mais vraie. John Law incarne la force de l'acte: il a un plan en tête et n'abandonne jamais. Mais pour moi, c'est plus qu'une histoire fantastique: lorsque j'écrivais ce roman, je soignais ma femme, malade d'un cancer, à la maison, et écrivais pendant qu'elle dormait. Le personnage de John Law m'a permis de supporter l'énorme peine que je ressentais. L'abandon n'est pas une option, car on n'a que cette unique vie. Et tout comme John Law, je n'ai jamais eu de plan B. Je n'avais qu'un seul but: devenir un écrivain à succès. Réussir ou sombrer. C'est pour cette raison que j'aime ce John Law. Beaucoup de lecteurs m'ont envoyé des e-mails pour me dire que le roman leur avait donné la force de se relever. Law n'était pas seulement un génie de la finance, vous le décrivez aussi comme un humaniste. Il était avant tout un idéaliste. L'argent était à ses yeux uniquement une matière permettant d'améliorer durablement les conditions de vie des hommes. Aujourd'hui, les banquiers risquent et dépensent l'argent de leur banque et de leurs clients afin d'augmenter leurs bénéfices personnels. Cependant, l'avidité et la démesure ne sont pas des caractéristiques de l'emploi, mais plutôt de la nature humaine. Dans votre roman, Daniel Defoe, l'auteur de «Robinson
Crusoé», croise souvent le chemin de votre héros. Se sont-ils
vraiment rencontrés? Après le succès mondial du «Grand jeu», je suis très optimiste et pense que «Cäsars Druide» sera lui aussi traduit en français. Il s'agit tout de même de la guerre des Gaules, et l'ouvrage se base sur les toutes dernières recherches sur César. Dans certains gymnases, il est déjà utilisé comme lecture d'accompagnement pour les cours de latin. |